Toujours dans le cadre de notre partenariat avec Femme-Ingénieure (une initiative de  l’EPITA, l’ESME Sudria et l’IPSA), voici le portrait d’Amina Dahani. Découvrez un portrait par semaine, et un métier par semaine également !

2 - IPSA - Amina Dahani

En 2010, les avions ont peut-être un peu moins strié le ciel, mais l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll n’a pas empêché Amina Dahani de prendre son envol en sortant de l’IPSA. Plus classe que Bruce Willis dans « Armageddon » (Michael Bay, 1998), Amina Dahani est aujourd’hui ingénieure d’essais en vol pour Eurocopter.

La jeune femme de 25 ans a beau être modeste (« je ne fais rien d’exceptionnel »), ça donne tout de même envie de creuser un peu la question.

Bonjour Amina ! Bon, on ne va pas se mentir : ingénieure d’essais en vol, ça en jette. Mais en quoi ça consiste exactement ?

Cela consiste à qualifier les appareils, c’est-à-dire à étudier le comportement des paramètres sélectionnés pendant le vol de qualification. D’abord, on prépare les essais (on intègre de nouveaux calculateurs sur bancs d’essais), puis on effectue les essais au sol, et enfin les essais en vol. En ce moment, je travaille sur les hélicoptères, mais j’ai aussi travaillé sur les avions – le 380 plus précisément – lorsque j’étais chez Airbus, avant Eurocopter.
À terme, j’aimerais beaucoup devenir ingénieur navigant. C’est un métier qui ressemble à celui que je fais déjà, excepté que l’ingénieur navigant est dans l’aéronef pendant tous les essais en vol. L’entreprise peut nous former à ça, mais l’IPSA permet déjà d’avoir un socle solide pour y arriver.

Tout métier a 2 facettes : une passionnante et une moins marrante. Qu’est-ce qui vous fait vous lever tous les matins pour aller au boulot ?

Ce que j’aime le plus dans mon métier, c’est le contact avec les aéronefs. Je les vois tous les jours mais à chaque vol, je me dis que j’ai participé à leur mise en service. On peut dire que j’ai trouvé ma voie, mais il me reste beaucoup de choses à découvrir et à apprendre. L’aéronautique est en constante évolution.

Et pour le côté moins marrant ?

A choisir, je dirais le stress : il faut être sûre de soi. L’appareil vole après nos essais et à chaque nouvel incident, cela veut dire qu’il faut intervenir et expertiser. C’est un domaine où la rigueur est indispensable.

Est-ce qu’il y a beaucoup de femmes dans votre travail ?

Les femmes sont en minorité – 20 % je dirais – mais elles sont bien là. Ceci étant, j’aimerais beaucoup avoir plus de collègues féminines ! Il y a beaucoup de clichés agaçants sur le métier d’ingénieur, mais le pire de tous c’est qu’il s’agit d’un métier d’homme. C’est strictement faux. Qui plus est, être une femme ne change rien dans le milieu de l’aéronautique : vous êtes traitée d’égal à égal, que ce soit en termes de responsabilités ou en charge de travail.

Au fait, pourquoi avoir choisi l’IPSA ? Quelle était votre spécialité à l’école ?

J’ai découvert l’IPSA au détour d’un salon de l’aéronautique. Après avoir discuté avec pas mal d’ingénieurs d’EADS qui avaient fait cette école, j’ai vu que je pouvais entrer directement en 4e année grâce à mon master de physique-chimie obtenu à la fac – j’ai également un master « Outils et Systèmes de l’Astronomie et de l’Espace » passé à l’Observatoire de Paris.
L’option management et logistique industrielle (MLI) a particulièrement attiré mon attention, parce qu’elle permettait d’avoir une double compétence et de ne pas me cantonner au technique (ma spécialité de dernière année à l’IPSA).
J’avais plusieurs matières préférées : l’automatique – sorte de « concrétisation » des lois physiques théoriques -, la mécanique du vol et ses travaux pratiques en soufflerie, et enfin la négociation internationale – très éprouvant psychologiquement mais super intéressant.

Connaissant aujourd’hui votre parcours, qu’aimeriez-vous dire à votre moi de 17 ans qui s’apprête à passer son bac et se lancer dans ces études ?

Je me dirais de ne jamais écouter les autres et de toujours avancer, malgré les difficultés, pour faire ce que j’aime. Quand on veut, on peut.

Parce que l’on vous a dit que vous n’y arriveriez pas ?

Oui, je l’ai déjà entendu. Je suis issue d’une ZEP (Zone d’éducation prioritaire) où quand je parlais de mon projet, on me disait : « oui mais c’est réservé à une élite ». Mais le seul frein que j’ai rencontré, ce sont justement les à priori. J’ai une maman qui travaille dans la chimie et un papa qui est agriculteur donc rien à voir avec mon métier ! Dès l’âge de 6 ans j’ai commencé à m’intéresser à ça. Aujourd’hui ma sœur et mon frère s’y intéressent aussi.

3 facts sur Amina Dahani :

  • Elle a collé des coeurs sur l’avion qu’elle pilote en aéroclub tous les week-ends.
  • Elle arrive à piloter un avion bien qu’elle soit super-claustrophobe.
  • Elle a participé au concours Miss Languedoc Roussillon.

Retrouvez tous les portraits réalisés par Elise Costa ainsi que l’actu des femmes dans le secteur high-tech sur Femme Ingénieure.

Cette semaine, j’ai rencontré un entrepreneur de 21 ans plein d’idées et d’ambitions. Le hasard fait qu’il développe un site internet prometteur, basé sur un modèle assez gonflé. Il est jeune, il croit en sa startup, il m’a montré des choses très intéressantes … j’ai donc décidé de vous le faire découvrir au travers d’une interview réalisée en plein centre ville de Bordeaux.

Qui es-tu ?

« Je suis Nils Lataillade, j’ai 21 ans, je suis en master 1 en commerce à la BEM (Bordeaux Management School) sur le campus de Paris. »

Raconte-nous un peu ton parcours.

« Depuis toujours, j’aime avoir des projets. J’ai par exemple fait partie de plusieurs groupes de musique. Puis je suis arrivé en école de commerce. C’est là que j’ai rajouté une dimension « entrepreneur » à mes projets. Au fil des rencontres, je me suis entouré de personnes très dynamiques et compétentes. Je me suis rendu compte de la puissance et de la richesse du rapport humain.

Arrivé à la fin de mon bachelor, j’avais une équipe de copains avec qui nous voulions monter un projet. Avant tout, on voulait utiliser cette force qui nous liait pour initier quelque chose autour du partage. Mais on s’est rendu compte qu’on n’avait pas l’assise financière pour bien démarrer et assumer quelque chose.

On s’est donc orienté vers un profil plus commercial. De fil en aiguille, on s’est dirigé vers un concept d’achat groupé. On a regardé Groupon grossir, et on s’est demandé comment on pouvait faire quelque chose de différent. En école de commerce, on avait pu se rendre compte que la cible étudiante était sous-exploitée. On a finalement décidé de créer un site d’achat groupé à destination des jeunes et des étudiants, tout en utilisant la puissance du net (blogs, réseaux sociaux) qui n’est plus à négliger aujourd’hui.

On a travaillé sur ce projet pendant un an et demi. Au final, nous sommes arrivés à une idée bien ficelée, fondée totalement sur le partage. Et c’est là qu’on a décidé de se lancer. »

Qu’est-ce que Biwibiz ?

« On a créé Biwibiz il y a 6 mois, on a recruté toute une équipe (nous sommes 9 aujourd’hui). On a travaillé dur pendant 6 mois pour arriver à une première version bêta qui sera disponible début avril. Biwibiz.com est déjà accessible, on a ouvert les inscriptions. Dès maintenant on axe notre communication sur le partage en permettant aux nouveaux inscrits de parrainer leurs amis afin de gagner deux iPads. Pendant tout le mois de mars, les premiers deals feront leur apparition avant le lancement officiel en avril.

On a déjà développé des partenariats dans plusieurs villes. L’idée est d’avoir une couverture nationale dès le lancement. On sponsorise aussi des évènements étudiants, par exemple le 4L Trophy cette année. »

Quel est le modèle économique de Biwibiz ?

« On a identifié les faiblesses de sites comme Groupon. Ils ont avant tout un énorme budget communication. On a décidé d’externaliser une grande partie de notre force commerciale en travaillant avec des partenaires déjà implantés au sein des villes et avec leurs propres bases de commerçants. Pour ces partenaires, nous représentons une source de profit supplémentaire. On partage avec eux les revenus générés par les deals sur un modèle gagnant/gagnant.

Du côté des utilisateurs, on prend un risque en se positionnant « étudiant ». Cela nous permet d’avoir des offres plus qualitatives. On préfère avoir des gens contents, plutôt que des millions d’utilisateurs non ciblés qui sont déçus dès le premier achat. Notre cible est très importante, et c’est là que nous garantissons, grâce à son potentiel de partage, notre communication autour des deals publiés par les commerçants. Bref, le principe c’est le partage et notre objectif est de récompenser nos utilisateurs pour leur implication, plutôt que des annonceurs aux initiatives de communication polluantes. »

Quelle est ta journée type ?

« Ma journée ne finit pas vraiment (rires). J’ai tellement d’idées que mes journées commencent tôt et finissent tard. J’envoie mes mails le matin. Je rejoins ensuite mon directeur commercial et nous allons à la rencontre de tous nos éventuels partenaires. On fait un point tous ensemble l’après-midi avec l’équipe de dev pour voir l’avancement des inscriptions et surtout de la bêta. Après je fais un point de fin de journée avec toute mon équipe. A la fin, c’est apéro ! »

Pas trop dur de monter une startup à 21 ans ?

« Franchement, fatigant, mais tellement excitant que tous les matins je me réveille avec l’envie de tout déchirer. Je pense que je ne me suis jamais senti aussi bien que dans la peau du jeune entrepreneur. »

On souhaite à Biwibiz, à Nils et à toute l’équipe de continuer sur cette voie ! Si vous souhaitez travailler pour cette startup, vous pourrez suivre bientôt leurs premières offres d’emploi sur RemixJobs. Leurs premiers besoins s’orienteront vers des profils de développeurs pour soutenir l’évolution du site. Si travailler en startup ne vous fait pas peur, Biwibiz est sans doute fait pour vous. :)

Jonathan Azoulay, fondateur du cabinet de recrutement web Urban Linker, a sympathiquement accepté de rédiger avec moi, deux fois par mois, des articles thématiques qui nous l’espérons vous plairont et vous renseigneront. Il a réalisé récemment une interview d’un jeune français qui travaille chez Facebook. Nous vous la partageons ici. 

Julien est un jeune ingénieur Français qui a vécu l’évolution du web de l’intérieur ! Il a rejoint Facebook en tant que développeur depuis bientôt 1 an après une première expérience sous le soleil Californien pour Mylife.com.
Pour Urban Linker, cabinet spécialiste du recrutement web, et RemixJobs, Julien revient aujourd’hui sur son background, son choix de départ pour la Silicon Valley, son parcours d’entrée chez Facebook ainsi que sa vie à Palo Alto.

Peux tu nous éclairer sur ta formation et ton background professionnel avant d’entrer chez Facebook ?

J’ai étudié l’informatique a Paris VI, puis j’ai travaillé trois ans sur un compilateur chez Esterel-technologies.

Ensuite j’ai accepté un emploi en tant que développeur sur un moteur de recherche chez Mylife.com aux Etats-Unis, pendant deux ans, avant de finalement rejoindre Facebook.

Le processus d’embauche était il contraignant ?

Contraignant n’est pas le bon terme. Parce que je me suis beaucoup amusé pendant les entretiens, les questions étaient pertinentes, les gens intéressants. En fait c’est pendant le processus d’entretien que j’ai décidé que je voulais rejoindre Facebook.

Par contre, la barrière est techniquement très haute pour rentrer chez Facebook. Il y a différents entretiens, certains téléphoniques, d’autres sur-place. Peu de choses sont laissées au hasard. Le candidat est évalué sur ses compétences techniques mais aussi son aptitude à communiquer et sur son envie de “construire” des choses.

En quoi consiste ton job ? 

Je fais partie de l’équipe “security-engineering”. Un site de la taille de Facebook doit s’attendre a ce que certains de ses utilisateurs cherchent à abuser le site. Ces utilisateurs malicieux essayent de trouver des failles dans le fonctionnement du site, ils cherchent a exploiter un disfonctionnement dans nos programmes pour en abuser. Le rôle de mon équipe consiste a trouver et automatiquement empêcher ce genre d’erreur dans nos programmes.

Quelques infos sur ton équipe, et les projets en cours ?!

Je passe le plus clair de mon temps à construire des outils pour analyser notre code source automatiquement. Il y a différentes manières de trouver des failles de sécurité, l’une d’entre elle s’appelle l’analyse statique, cela consiste à analyser le code source sans même l’exécuter.

En analysant directement ce que le programmeur a écrit, on peut détecter un potentiel problème de sécurité très tôt et donc corriger vite.

Je construis ce genre d’outils pour les programmeurs à Facebook.

Comment se déroule la journée type d’un développeur chez Facebook ?

Alors ça, c’est vraiment une question très difficile. Chez Facebook, la liberté est totale. Seul les résultats comptent !

Donc la journée d’un programmeur va dépendre de son style, de ses préférences. Vous pouvez décider de ne travailler que la nuit si ça vous amuse, travailler le week-end mais pas le mardi, travailler en chaussettes, dehors, bref, vous pouvez vous organiser comme vous voulez.
Personne n’ira vérifier comment vous organisez votre travail. Par contre, les résultats comptent, et la barre est très très haute…
Etre un ingénieur “moyen” chez facebook c’est beaucoup plus difficile que tout ce que j’ai connu jusqu’à présent.
On a une expression chez nous qui dit: « tous les jours se ressentent comme une semaine ». Je crois que ca résume bien l’esprit.

On a beaucoup parlé de l’environnement et des activités extra professionnelles chez Google. Quelles sont les spécificités de la vie quotidienne chez Facebook ?

On aime faire la fête :-) On fait un barbecue géant sur le toit tous les jours en été, on fait du skateboard dans les couloirs, et le vendredi on boit l’aperitif après 17 heures. Bref, on s’amuse!

Qu’est ce qui t’as poussé à quitter ta France natale pour orienter ta carrière vers la Silicon Valley ?

Le hasard. Je cherchais du travail, et un copain travaillait dans la Silicon Valley, il m’a mis en contact avec une boite basée là-bas.

Un conseil pour tous ceux qui souhaitent suivre la même orientation ?

Apprendre l’anglais et se lancer!

Quelles sont les qualités ou compétences que tu juges essentielles pour ce métier ?

Par catégories,
Compétences techniques:
1) Avoir de bonnes bases théoriques (algorithmique etc …)
2) Être curieux en matière de nouvelles technologies

Qualités personnelles:
1) Être passionné!
2) Avoir envie de construire des choses, ne pas rester simple spectateur
3) Savoir communiquer et travailler en équipe

Merci Julien pour ce beau retour d’expérience et bonne chance à toi pour la suite !