Rentrez dans nos coulisses.

En 2009, nous célébrions l’année de l’astronomie en hommage à ce brave Galilée qui, 400 ans plus tôt, venait de découvrir les 4 principaux satellites de Jupiter.

Un signe de bon augure pour Sandra Boujnah, férue d’aérospatial, qui sortait diplômée la même année de l’IPSA. Entretien avec une passionnée.

Bonjour Sandra ! Pouvez-vous nous dire comment vous êtes arrivée à l’IPSA ?

J’ai toujours voulu faire du spatial. Quand j’avais 9 ans, j’ai participé à un atelier micro-fusée où j’avais fabriqué une magnifique fusée décorée comme celle de Tintin dans « Objectif Lune ». La fusée n’a pas très bien volé mais j’ai trouvé ça bien sympathique. À cet âge-là, j’étais déjà fan d’astronomie…
Plus tard, au collège, je voulais être astrophysicienne, cette idée m’est restée au lycée. On m’a alors conseillé de faire une classe prépa, même si pour faire ce métier on pouvait aussi passer par la fac. Je suis entrée à St-Louis, où je me suis rendue compte qu’en fait ingénieur c’était cool aussi ! C’est là que j’ai eu envie de plutôt m’orienter vers les fusées que vers les étoiles. J’ai pensé faire SUPAERO mais le niveau à l’entrée était trop sélectif. J’ai donc choisi l’IPSA qui me permettait de me spécialiser dans le domaine du spatial.

Quelle est votre spécialité aujourd’hui et pourquoi ?

Ma spécialité est la propulsion. J’ai toujours eu un peu de mal à l’expliquer, mais j’avoue avoir senti une forte affinité avec ce domaine. Je pense que c’est en partie à cause de la complexité des phénomènes et des sous-systèmes liés à la propulsion, et du côté spécifique et unique de la propulsion spatiale qui est très particulière.

En quoi consiste votre boulot aujourd’hui ?

Je travaille depuis septembre 2009 chez Sogeti High Tech, en mission chez EADS Astrium, dans le centre de service propulsion. La 1re année, j’ai fait de la propulsion solide, avant de pouvoir travailler dans mon domaine préféré : la propulsion liquide. Et, depuis janvier 2012, je suis responsable de ce centre de services de 8 personnes. Cela signifie que je répartis les activités, je vérifie les livrables avant qu’ils soient fournis au client, je négocie et facture les activités avec le client, je recrute les nouveaux arrivants et je fais des comptes rendus réguliers. Tout ça représente environ 25% de mes activités.
Le reste du temps je poursuis mes activités techniques, notamment les exploitations des vols Ariane 5 au niveau de l’EPC (= Etage Principal Cryogénique, soit le 1er étage de la fusée, celui qui s’allume en premier avant que les gros boosters sur les côtés fassent décoller la fusée). Cela consiste à gérer le post-traitement de toutes les activités de remplissage (qui commencent un jour avant le tir), à analyser le comportement des sous-systèmes de l’étage (des réservoirs par exemple) pendant le vol afin de vérifier qu’ils respectent la prévision de vol et qu’ils n’ont pas eu un comportement anormal, et à expliquer les écarts.
En plus de ça, une 2e activité un peu plus calculatoire m’a été confiée : c’est la modélisation à l’aide d’un logiciel de mécanique des fluides de la pressurisation et de la stabilisation thermique d’un réservoir d’hydrogène, et le comportement en vol du réservoir oxygène d’Ariane 5 !

Est-ce que vous voyez beaucoup de femmes dans votre travail ? Est-ce que le fait d’être une femme change quelque chose (en bien ou en mal) dans votre métier ?

Ca dépend… dans ma société de prestation nous sommes assez peu nombreuses : sur la cinquantaine de Sogeti sur le site nous sommes pour le moment 2 femmes (toutes 2 responsables d’un plateau). Par contre dans les équipes clients (EADS Astrium) pour qui je travaille, elles sont 10 sur 35 personnes.
Je serais tentée de dire que le fait d’être une femme est un plus car nous sommes actuellement moins nombreuses que les hommes à vouloir faire ce métier, ce qui nous permet de bénéficier, à mon sens, d’une discrimination positive. À compétence égale pour un poste, une femme ingénieur a plus de chance qu’un homme car cela permet à l’entreprise d’améliorer la parité.
Et puis les ingénieurs masculins sont généralement assez gentils avec nous, alors qu’ils seraient peut-être plus durs au 1er abord avec un homme. Je pense qu’être une femme facilite le contact et l’intégration. Dans mon cas, je me dis que le fait d’être une femme dans un milieu d’homme me donne encore plus envie de me donner à fond pour montrer qu’on les vaut bien.

Y a-t-il, en termes de travail ou de carrière professionnelle, quelqu’un qui vous inspire tout particulièrement ?

Une personne en particulier non, mais j’ai croisé des personnes passionnées au cours de mon parcours, notamment M. Yves Blin, ancien professeur à l’IPSA, qui a su transmettre sa passion en plus de la nôtre.

De quoi êtes-vous le plus fière aujourd’hui ?

D’avoir fait mentir mon professeur de physique de 1re S. J’avais à l’époque des notes assez moyennes car je n’avais pas assez travaillé cette année-là… En fin d’année, en parlant orientation avec lui et en lui expliquant que je souhaitais travailler dans le spatial, il m’avait répondu que je n’y arriverais jamais, sous-entendu « avec ces notes ». J’ai pris mon courage à 2 mains et j’ai redoublé – alors que je pouvais aussi passer et avoir mon bac sans souci – et j’ai fait 2 excellentes années niveau sciences, j’ai eu 17 au bac en physique. Grâce à ça, j’ai pu avoir un dossier assez bon pour entrer en classe préparatoire à St Louis, ce qui m’a beaucoup aidé par la suite puisqu’il s’agit d’une des meilleures classes prépa de France. C’est cette 1re formation qui m’a aidée à être major de ma promotion pendant 3 ans. Donc, en résumé, ce dont je suis le plus fière c’est d’être restée fidèle à mon rêve qui m’a donné la force de me surpasser.

Connaissant aujourd’hui votre parcours, qu’aimeriez-vous dire à votre moi de 17 ans qui s’apprête à passer son bac et se lancer dans ces études ?

Je lui dirais qu’elle va passer 2 dures années – surtout la 2e avec les concours – mais qu’il ne faudra pas lâcher prise car, ensuite, l’école d’ingénieur est une vraie délivrance ! Pendant 2 ans on apprend de nombreuses choses ne servant essentiellement qu’à classer les meilleurs, et certains jours ce n’est pas évident… Il faut avant tout s’entourer d’amis. J’ai beau avoir été dans une grande prépa, il existait une très grande entraide et solidarité entre les élèves.
Une fois entré en école d’ingénieur, on peut vraiment toucher de plus près notre futur métier, rencontrer d’éventuels futurs collègues, avoir des professeurs souvent ingénieurs eux-mêmes… Tout ce qui permet d’apprendre des choses proches de la pratique.
L’ambiance dans une école d’ingénieur est vraiment très collective, car ce n’est pas un métier individualiste, on se sent bien entouré. « Cela vaut la peine de te battre », c’est ce que je dirais à mon moi de 17 ans.

3 facts sur Sandra Boujnah :

  • Sa vraie sœur – et non demi-sœur – est plus proche en âge de sa mère qu’elle : elle a 24 ans de plus que Sandra et 20 de moins que la mère de Sandra.
  • À 9 ans, elle était fan de la chanson « Tombe la neige » d’Adamo et ses parents devaient la supporter en boucle dans la voiture.
  • Au lycée, elle avait toujours une trentaine de stylos de couleurs différentes dans sa trousse, à tel point que le jour du bac, son prof d’anglais est entré dans la salle en pleine épreuve pour lui emprunter un stylo doré.

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4 - EPITA - Joelle Septier

En 1989, alors que la guerre froide prenait officiellement fin (et que le premier épisode des Simpson était diffusé à la télé), Joëlle Septier sortait du lycée Saint-Cyr avec un bac S en poche.

Comment cette femme de 43 ans devenue officière de marine est-elle arrivée à l’EPITA ?

Retour sur un parcours atypique.

Pourquoi avoir choisi cette école ?

Ma recherche était un peu particulière. J’étais déjà diplômée de 2 écoles d’ingénieurs, l’École Navale et l’École de l’Air, formant respectivement les officiers de la Marine nationale et de l’Armée de l’Air. Pendant 22 années de service au sein de l’Aéronautique navale, j’ai exercé de multiples fonctions : chef de service, directeur d’application, chef de projet, responsable d’un parc d’une vingtaine d’aéronefs, manager d’environ 200 personnes…
Ma spécialité d’alors consistait au management du soutien technique à caractère aéronautique et était plus particulièrement liée aux systèmes d’informations de suivi technico-logistique des aéronefs et de leurs rechanges.
Comme l’objectif de l’Etat-Major de la Marine était de disposer de meilleurs experts dans ce domaine, j’ai été amenée à chercher un master pour une formation externe ouverte aux officiers de marine, afin de perfectionner cette spécialité.
Mon choix s’est porté sur l’EPITA pour plusieurs raisons : cette école disposait d’une formation idoine dans le domaine du management de projet ; elle jouissait d’une très bonne réputation ; et son fonctionnement type « campus US » était très attractif et riche d’expériences multiples.

… et vous y avez suivi un master « Management et Informatique » en 2006/2007.

Pour être honnête, cette spécialité m’a été de facto imposée par la Marine Nationale. Je me destinais plutôt au contrôle de gestion. Mais, à l’issue de ma formation au sein de l’EPITA, j’ai compris toute l’importance du management des systèmes d’informations (SI), tant d’un point de vue logistique que technique. Sans un SI fiable, les nouveaux aéronefs ne peuvent pas voler.

Et aujourd’hui, en quoi consiste votre métier ?

Je suis consultante indépendante en tant qu’experte des SI.

Pour une novice comme moi, pouvez-vous me dire ce qu’est un SI ?

Il y en a une bonne définition sur Wikipedia: « Un système d’information (SI) est un ensemble organisé de ressources (matériels, logiciels, personnel, données et procédures) qui permet de collecter, regrouper, classifier, traiter et diffuser de l’information sur un environnement donné ».
Concrètement, au sein de l’aéronautique navale, les SI sont l’un des piliers qui permettent aux aéronefs de voler en toute sécurité et aux pilotes de réussir leurs missions d’entrainement comme de guerre.Cette spécialité me permet de m’épanouir complètement dans le secteur civil alors que j’ai quitté la Marine nationale il y a 2 ans, sans rupture entre les 2 « mondes ». Disons que cette nouvelle vie me permet d’être parfaitement en phase avec les attentes du marché et mes aspirations personnelles.

Vous parlez de nouvelle vie mais alors, qu’est-ce qui vous fait vous lever tous les matins ?

Dans ma 1re vie (celle d’officier de marine), j’étais toujours très enthousiaste à l’idée de me lever le matin pour aller au travail (et même de me lever la nuit, les weekends ou les jours fériés parfois !)… jusqu’au jour où j’ai commencé à me poser des questions sur le pourquoi des réformes (il y avait de grands changements organisationnels) et de la rationalisation, mot à la mode qui malheureusement cachait une diminution significative des ressources, tant humaines que financières, alors que la quantité de travail, elle, ne cessait d’augmenter. Les missions se multipliaient, alors même que la reconnaissance de mes supérieurs et de la population baissait.
C’est pourquoi je me suis décidée à quitter une institution dans laquelle je ne retrouvais plus les valeurs pour lesquelles je m’étais engagée à l’âge de 16 ans. Depuis, j’ai trouvé une nouvelle activité qui me permet de concilier vie familiale et professionnelle, et me lever le matin est redevenu un plaisir !

Au cours de votre carrière, avez-vous rencontré beaucoup de femmes ?

Dans mon ancienne activité, nous étions très peu de femmes. J’ai d’ailleurs fait partie de la première promo de filles à l’école militaire. Au sein de la Marine nationale, le fait d’être une femme changeait beaucoup de choses et multipliait les challenges, comme par exemple :

  • Il fallait faire davantage ses preuves qu’un homme pour espérer obtenir le même niveau de reconnaissance (et même là, ce n’était pas gagné).
  • La maternité était une barrière (le regard des autres, l’avancement, le choix des secteurs d’activité…) : les femmes sont bienvenues dans les armées, mais…

Dans ma nouvelle activité, je n’ai croisé que très peu de femmes, mais je ne pense pas avoir assez de recul pour dire si cette situation est classique ou non.

Justement, avec le recul et l’expérience, que diriez-vous à votre moi de 17 ans ?

Je ne changerais rien, mais si la situation est très différente aujourd’hui, je vais vous dire ce que je dis à mes enfants : « faites toujours ce que vous avez envie de faire ». A mon époque, les filles ne pouvaient pas s’inscrire dans les grandes écoles. C’est comme ça que j’en suis venue à passer des concours internes pour monter l’ascenseur hiérarchique. J’ai pris d’autres voies, fait d’autres compromis, pour faire ce que je voulais vraiment faire.

3 facts sur Axelle Fourquet :

  • Elle a 5 enfants, âgés de 21 à 4 ans.
  • Elle a traversé l’ouragan Mitch en 1998 à bord d’un bateau (et a vu l’œil du cyclone !).
  • Elle a fait de l’escrime en compétition militaire.

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angelhack

 

Participez au AngelHack et vous vous envolerez peut-être pour la Silicon Valley en Septembre prochain !

La deuxième édition parisienne du plus important hackathon du monde, Angelhack à destination des développeurs web et des entrepreneurs porteurs de projets, aura lieu les 11 et 12 mai prochains à Montreuil (93).

Qu’est-ce que l’Angelhack ?

Angelhack a pour objectif de réunir les développeurs web du monde entier dans un hackathon à échelle mondiale.

La précédente édition à l’automne 2012 avait rassemblé plus de 2500 développeurs dans 11 villes du monde entier.

Les 25 meilleures équipes mondiales se sont vues offrir plus de 6 semaines de conseils de mentors experts avant de s’envoler vers la Silicon Valley pour présenter leurs travaux aux investisseurs et aux médias lors de la AngelHack’s Global Demo Day en janvier 2013.

Comment cela marche ?

Lors du hackathon, les équipes de développeurs concourent durant plus de 24H pour créer des projets innovants.

Remixjobs vous permet de participer à cet événement :

 

Voici le dernier numéro paru du podcast RemixJobs. Pour l’occasion nous parlons du métier de rédacteur web avec Delphine Marc et OtaXou !

Vous pouvez l’écouter ici même ou via iTunes.

Rédacteur web by Remixjobs